Le stress : ami ou ennemi de votre cerveau ?

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Aux origines du stress…

0n entend souvent dire que le stress, c’est le mal du siècle et c’est probablement vrai ! Mais, contrairement à ce que la plupart des gens pensent, le stress est avant tout une très bonne chose.

A l’origine, le stress est un réflexe de survie. C’est une formidable capacité qui a nous permis de rester en vie face aux dangers de la nature depuis la nuit des temps. En effet, le stress représente avant tout une merveilleuse fonction adaptative pour réagir de façon rapide et efficace à un danger potentiel. Cette aptitude nous permet de mettre le corps et l’esprit en action instantanément, dès qu’il y a un risque pour notre survie, de façon à pouvoir se protéger ou se défendre.

* Crédit photo : Pixabay

Pépé échappe au dinosaure !

Imaginez votre arrière arrière-grand-père, l’homme de Cro-Magnon, en train de chasser dans la savane. Soudain arrive derrière lui un dinosaure qui l’envisage comme une proie potentielle.

En entendant un grognement sinistre, pépé sursaute ! Sous l’effet du stress et de ses hormones, notre homme de Cro-Magnon se met instantanément en mode survie. Le ressenti du stress provoque une réponse du corps par la sécrétion d’hormones. Cette fonction qui renvoie à des mécanismes adaptatifs ancestraux sert à mobiliser une énorme quantité d’énergie pour le préparer à se défendre ou à courir.

Son corps se met à produire en grande quantité les hormones du stress (Adrénaline, Cortisol). Grâce à ce « mode survie », tous ses sens sont soudain plus aiguisés, les ondes de son cerveau accélèrent et ses forces sont comme démultipliées. Il voit mieux, entend mieux, réfléchit plus vite et il est prêt à se battre ou à fuir (réaction du stress appelée en anglais « fight or flight »).

Dans le cas d’un dinosaure, la sagesse va plutôt le conduire à choisir la fuite et notre pépé va bientôt courir plus vite qu’il n’a jamais couru pour se mettre à l’abri !

Mais il aurait aussi bien pu choisir de rester immobilisé sur place comme un lapin dans les phares de la voiture (car dans ses gênes il a mémorisé depuis des générations que les grands prédateurs ne repèrent que le mouvement).

Voilà une belle réaction rapide et efficace à un danger ! Sans stress, point de survie et les hommes auraient disparus de la surface de la terre depuis longtemps, au même titre que d’autres espèces comme les dinosaures d’ailleurs.

 

Encore plus vieux que Pépé !

La bactérie. Tel est le nom de notre plus ancien arrière-arrière-grand-père. Voilà le nom de la structure organique qui a régné le plus longtemps et le plus largement sur terre. Si notre planète est âgée d’environ cinq milliards d’années, la première bactérie est apparue il y a environ trois milliards d’années.

L’évolution de la vie sur Terre est un processus lent qui a pris plusieurs milliards d’année et qui peut se résumer simplement selon les étapes suivantes :

  • Etape 1 : ce n’est qu’après que notre terre a déjà parcouru les trois quarts de son existence jusqu’à nos jours (un quart dans le silence, deux quarts avec des bactéries pour seuls habitants) qu’apparaît la première cellule à noyau.
  • Etape 2 : les bactéries donnent ensuite naissance à une branche évoluée : les algues bleues. Contrairement à leurs ancêtres, elles aiment l’oxygène, la lumière du soleil, elles sont l’avenir.
  • Etape 3 : les algues bleues donnent naissance à des formes de vie de plus en plus sophistiquées.
  • Etape 4 : les insectes apparaissent il y a 250 millions d’années.
  • Etape 5 : puis les hommes, bons retardataires, ont pointé le bout de leur nez il y a un million d’années.

Ces données en millions et milliards d’années sont tellement vertigineuses, qu’afin de mieux se rendre compte de ce que cela peut représenter, voici ci-dessous une présentation sous forme d’échelle kilométrique.

A titre d’exemple, si nous considérons que 10 milliards d’année (date de la formation de l’Univers) équivalent à 100km, alors :

100 km 10 milliards d’années Formation de l’Univers
50 km 5 milliards d’années Formation de la Terre
30 km 3 milliards d’années Premières formes de vie (les bactéries)
10 km 1 milliards d’années Méduses et coraux dans les océans
10 m

2 m

35 cm

2 cm

1 million d’années

200 000 ans

35 000 ans

2000 ans

Les premiers hommes

Homme de Néandertal

Homme de Cro-Magnon

Naissance du Christ

 * Crédit photo : Pixabay

Une accélération exponentielle !

Comme le montre le tableau ci-dessus, l’homme (dans sa version génétique la plus proche de ce que nous sommes aujourd’hui) est apparu sur Terre, il y a quelques 200 000 ans avec l’homme de Néandertal puis l’homme de Cro-Magnon.

Il a réussi à survivre au fil des millénaires car il s’est adapté rapidement à son environnement et a su réaliser des découvertes essentielles pour son évolution et sa survie (maîtrise du feu, de la chasse et la cueillette, découverte du silex…).

Pendant les premiers milliers d’années, l’évolution s’est faite paisiblement jusqu’aux prochaines découvertes importantes qui ont fait avancer l’humanité de manière plus rapides (découvertes de l’aiguille, de la roue, de l’élevage et de l’agriculture…).

 

Une accélération démentielle !

Mais ce n’est que très récemment que tout a changé brutalement ! En moins d’un siècle, l’homme a fait des découvertes majeures dans tous les domaines qui lui ont fait faire un bond gigantesque dans son style de vie.

Pour à nouveau mettre les choses en perspective, si les 200 000 ans d’existence de l’homme sur Terre étaient représentés par une journée de 24 heures, l’évolution à laquelle nous assistons depuis un siècle se serait faite dans la dernière minute !

Avec l’ère industrielle, la démocratisation des transports, l’explosion des technologies de communication au sens large (l’imprimerie puis la radio, la télévision, le téléphone, internet, les publicités…), les changements profonds dans notre mode d’alimentation (agriculture intensive et élevage industriels) et la modernisation de la vie en général, notre mode de vie a été profondément bouleversé.

Cette accélération démentielle et ces changements brutaux de nos styles de vie ont fait que notre cerveau et notre organisme dans son ensemble n’ont pas eu le temps de s’adapter à ce changement de rythme et ces bouleversements rapides et profonds de nos modes de vie.

Il y a encore 150 ans, la grande majorité de la population habitait à la campagne. La vie était rythmée par les cycles naturels du soleil et de la lune, les gens vivaient en permanence au contact de la nature, le travail dans les champs ou à la ferme demandait une activité physique permanente, on ne mangeait que des produits naturels et on ne croisait guère plus que quelques dizaines de personnes par jour dans les villages.

De nos jours, tout est différent et la vie qui nous semble plus confortable sur bien des plans dans les pays riches (accès à l’eau, au gaz, au chauffage, logement, nourriture en abondance et moyen de transports entre-autre) est devenu infiniment plus complexe à tout point de vue.

Cette complexité de la vie moderne et confortable a pour conséquences que notre corps souffre parce qu’il est de plus en plus coupé de ses besoins naturels. Les sources de stress liées à la survie en milieu naturel ont changé et les dangers modernes qui sont les nouveaux stresseurs sont maintenant :

  • Le manque de sommeil naturel : ce n’est plus le soleil qui a autorité mais le réveil matin
  • La nourriture industrielle (additifs, ogm, pesticides, hormones animales, perturbateurs endocriniens et autres produits chimiques …)
  • Le café, sucre, cigarettes, alcool, compléments alimentaires, stimulants et drogues
  • La pollution de l’air
  • La pollution sonore
  • Le manque de contact avec la nature
  • La lumière artificielle
  • Le décalage horaire…

On se demande comment l’être humain peut résister à tout cela depuis quelques dizaines d’années seulement ?

Mais en plus de cela, notre cerveau souffre également d’un rythme effréné pour lequel il n’a pas été conçu et auquel il n’est pas habitué avec les stimulations multiples et constantes de l’environnement :

  • Forte pression sociale économique (modèle de la réussite, peur du chômage, augmentation des divorces, les familles recomposées et éclatées…)
  • Moins de temps aujourd’hui pour les loisirs qu’il y a 50 ans
  • Peur des maladies (cancer, vih, dépression, burn-out…)
  • Bombardement constant d’informations via les médias : les messages vocaux sur la boite vocale, médias sociaux, mails, internet, télévision*, radio, publicités, les codes et mot de passe à retenir…
  • Sollicitations permanentes via les téléphones portables : appels, sms, mms…
  • La densité de population : dans les villes, on croise des milliers de personnes tous les jours et on échange des centaines de codes sociaux qui génèrent des « micro-stress » constants (bruits des voisins, la foule, le trafic, les sonneries de téléphones portables, etc.)
  • L’obligation de formation permanente pour s’adapter aux changements et évolutions technologiques : ordinateur, internet, smartphones, tablettes, format kindle et autres applications de plus en nombreuses. (A titre d’exemple : il y a deux fois plus de technologie aujourd’hui dans nos smartphones qu’à la NASA en 1969 !)

Conséquences de tout çà…

La vitesse à laquelle évolue la société crée donc forcément des conséquences liées aux difficultés de mutations de l’être humain dans un monde en perpétuelle évolution. Ces changements violents et rapides dans nos modes de vie séculaires ont bouleversé nos sens, notre activité cérébrale et notre vie*.

Ainsi des maladies apparaissent de plus en plus, telles que :

  • les troubles musculo-squeletiques (TMS)
  • la nervosité
  • l’anxiété, les crises d’angoisses et troubles anxieux
  • les troubles du sommeil et la fatigue
  • les migraines
  • les douleurs dorsales
  • les phobies
  • les dépressions
  • burn-out
  • les avc
  • les maladies cardiaques
  • les névroses et psychoses
  • les cancers, les maladies auto-immunes
  • et toutes les pathologies liées au stress.

Savoir s’adapter et agir maintenant !

Heureusement des solutions existent! Certaines sont nocives voire dangereuses pour l’être humains alors que d’autres sont efficaces et bénéfiques à long terme**. Chacun doit trouver sa formule pour traiter son stress de manière curative mais préférablement de façon préventive car, comme le dit l’adage : “si vous ne vous occupez pas de vos problèmes, ce sont eux qui vont s’occuper de vous.”

 

Alors passez à l’action maintenant ! 😉

 

Et si cet article vous a intéressé, n’hésitez pas à le partager avec les personnes de votre entourage qui pourraient être concernées par ce problème.

 .
* D’après l’American Institute of Stress, ce fléau serait responsable de 75% à 90% des consultations médicales et de 60 à 80% des accidents du travail.
** Comme l’indique une étude faite par l’American Psychological Association.
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About the Author

David Barbion
Thérapeute, coach, formateur, conférencier spécialisé en hypnose et thérapies brèves et auteur du blog www.jecontrolemoncerveau.com

2 Comments on "Le stress : ami ou ennemi de votre cerveau ?"

  1. Merci beaucoup pour cet article ! En effet, le stress est trop souvent diabolisé. Mais les choses ne sont rarement que bien ou mal dans la vie… Le vrai “ennemi” c’est ce stress constant auquel l’on est confronté quotidiennement…
    Le stress peut aussi être utile et important. Je pense qu’une direction intéressante à prendre, est d’être maitre de son stress et non son esclave. 😉

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